Katrie- La reconstruction

Katrie (prononcer Kra-Tché en Khmer) est aussi une belle petite ville, qui plus au nord de Kampong Cham, nous rapproche du Laos, en montant le magnifique Mékong.  Ici, nous sommes déjà plus loin des grands centres, et déjà cette minuscule capitale de 44000 habitants de la province de Kratrie a des allures de village. Mais un village charmant.  Ici les habitants vivent grâce au fleuve Mékong qui a une largeur impressionnante ici.

Mais Kratie est surtout connu pour l’un des derniers sanctuaires des dauphins d’eau douce de la région, « les dauphins de l’Irrawaddy » dont la population est en grand danger.  On y compte environ 80 individus qui vivent dans cette partie du Mékong.  Et honnêtement, les voir est un privilège, car qui sait ce que l’avenir leur réserve. Mais là aussi, presque décimé lors du régime de Pol Pot, et chassé pour l’huile et la viande (il fallait bien que la population survivent), leur population a presque été anéantie. Maintenant, il y a des bébés et doucement, très doucement la population se recontruit.

A notre sortie, nous avons été accueilli par le Ministre du Tourisme du Cambodge ainsi que le gouverneur de la province pour la photo officielle

Mais c’est aussi la reconstruction pour les habitants de cette province.  Oui Kratie a échappé aux bombardements physiques des bâtiments ce qui fait que la ville est agréable à visiter.  Mais lorsque l’on va un peu plus loin, on découvre un peuple qui voit maintenant le monde de demain, et qui cherche des connaissances, un moyen de se faire une place. Car traditionnellement, les Cambodgiens vivent du fleuve, et travaillent comme employé dans les quelques établissements touristiques.  Mais une nouvelle génération d’entrepreneur voit le jour.  Une nouvelle génération, car ne l’oubliez pas, la population du Cambodge est très jeune.  L’âge médian est de 24 ans, et plus de 31% de la population a moins de 14 ans.  Ici les plus de 60 ans représentent moins de 4%. 

Donc, la vaste majorité de la population active a dans la vingtaine et dans la jeune trentaine.  Pour plusieurs ils n’ont pas eu accès aux grandes écoles.  Donc, ils apprennent sur le tas.

En ce sens, j’ai rencontré Ngoem (que nous appellerons Pierre pour nous aider à prononcer son nom). Ce jeune homme de 32 ans, papa d’un petit garçon de 17 mois, à hérité d’un hôtel alors que le propriétaire australien est décédé subitement il y a 4 ans.  Il a repris les rênes de l’entreprise et tente maintenant de la faire fructifier.  Mais il veut beaucoup, il a beaucoup d’ambition, il a un peu de support de la banque, il est débrouillard, mais il n’a pas appris.  Il est avide de conseils, de support pour ses décisions. Et bien sûr, le coach en moi est revenu sans que je puisse m’en rende compte.    Et espérons-le, cette petite entreprise, qu’il veut voir grandir, et offrir des tours opérateurs dans le nord, monter une vraie petite entreprise locale, avec des partenaires locaux afin de dynamiser sa petite région, mais aussi sa famille et ses amis.  Car ici, on l’a compris, ce que l’on construit, on le construit de ses mains. J’admire cet esprit d’initiative, cette motivation à construire, à grandir, à vouloir aller plus loin.  Je ne sais pas si ces projets fonctionneront, mais je le souhaite de tout cœur.  Il a une belle attitude, un beau projet et une belle maison pour supporter le tout.  Comme on dit, « il y a plus qu’a… »

Nous avons vu ces dauphins gambader dans le fleuve. Avec une approche respectueuse des animaux, car ici on l’a compris, ces animaux sont la principale attraction, mais aussi leur futur.  En ce sens, tout le monde ici est bien conscient de la rareté et ce qu’il faut faire. La surveillance est importante, et tant la police que les gardes-chasses sont présents. Sans compter que le fleuve avec ses 30 mètres de profond à cet endroit est large et dégagé.   Et bien sûr, cette visite m’a permis de rencontrer Alain et Marie Laure, avec qui nous avons passé une belle journée à moto par la suite.  Alain, grutier retraité et Marie Laure sont d’une gentillesse et d’une ouverture d’esprit vraiment très agréable.  Et honnêtement, j’étais très heureux de discuter avec eux, car malheureusement, beaucoup de retraités que je rencontre ici ont un regard très dur sur ce pays, regrettant l’ancienne colonie de l’Indochine.  Trop de ces retraités viennent ici comme s’ils allaient en Tunisie en espérant que le pays soit resté dans l’esprit des années 50 ou le « maitre français » était encore le roi.  

Alain et Marie Laure sont ici avec toute la bonne volonté du monde, et ce qu’ils visitent, c’est le Cambodge d’aujourd’hui et non pas le Cambodge d’hier.  Merci pour ces deux très belles journées.

Je suis toujours enchanté de voir les enfants venir à nous.  C’est vraiment difficile à exprimer cette gentillesse et cette curiosité que tous ont envers nous, lorsque l’on ouvre notre cœur.  Avec Alain et Marie Laure, nous avons visité un très beau Vat ou un jeune homme « Lan » s’est proposé spontanément pour nous faire visiter, avec son oncle moine bouddhiste.  Une visite courte, mais tellement sincère.  Il nous a proposé avec une joie de nous accompagner pour la journée, juste pour le plaisir de le faire.  Nous avons décliné poliment, ayant d’autres plans.  Mais vous voyez c’est cela un Cambodge, des gens qui sont pour la plupart encore très « vrais ».  

Et franchement, cela me donne confiance dans le genre humain.  Et je me dis que malgré les influences occidentale et chinoise, les Cambodgiens aussi feront leur place dans ce monde.  Car ils ont encore le cœur sur la main…  

Voilà les photos du jour

Pour les dauphins, nous n’avons pas vraiment de photos, mais vous pouvez consulter ce site qui vous en montre des meilleurs que nous. Mais nous les avons très bien vu:

PS si vous voulez aider le projet de Pierre, et que vous allez vers Kratie, je vous recommande son hostel. Il n’est pas parfait, mais il travaille très fort avec peu de moyen pour améliorer son sort:

Lien pour le Balcony Guest House

Ciao et a bientôt

Steph

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